03/03/2006

deux fois la même personne

Il m'est arrivé de travailler dans une région où les femmes veuves reprennent systématiquement leur nom de jeune fille. Le consistoire (conseil de paroisse) d'une église protestante de l'endroit m'avait demandé de faire quelques visites aux personnes âgées et les membres du consistoire m'avait dressé une liste avec les personnes à visiter et leur adresse. En début de semaine, j'avais rendu visite à une dame. Les noms des personnes étant par lettre alphabétique sur ma liste, j'avancais rapidement et j'arrivai en fin de semaine à la fin des visites. Je consultai ma liste et me dirigeait à l'adresse indiquée. En regardant les maisons de cette rue, j'avais l'impression du déjà vu. Mais je ne m'en inquiétai pas outre mesure ; car étant dans une région minière, j'étais dans un coron si bien chanté par Pierre Bachelet. Je sonnai à la porte et la dame qui vint m'ouvrir me donna, elle aussi, l'impression du déjà vu. Après mon introduction, je compris rapidement qu'en début de semaine je l'avais visitée sous son nom de mariée et en fin de semaine sous son nom de jeune fille

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02/03/2006

Madame Canari

J'avais parmi mes relations lorsque j'étais adolescent, un famille dont la grande tante était quelqu'un qui avait une connaissance assez approfondie de la Bible. C'était une femme qui avait allègrement passé les 70 ans. Un de ses petits neveux était un de mes amis. J'avais donc souvent l'occasion de la rencontrer, de plus nous avions un cercle de connaissance commun et nous fréquentions la même communauté. Ce qui me permettait de l'entendre souvent à la fois nous instruire et nous faire la morale quant à la fréquentation régulière du culte, de la façon d'envisager notre vie, etc... Nous restâmes quelques semaines sans avoir de ses nouvelles. Etait-elle malade ? La saison d'hiver, il lui arrivait de s'absenter parce qu'étant dépendante des transports en commun et habitant dans un lieu assez éloigné du temple... Mais ici, la bonne saison était bien entamée. Nous nous inquiétons fortement à son sujet. Elle réapparut quelques semaines plus tard et l'explication qu'elle nous donna de son absence nous laissa pantois. Elle possédait un couple de canari, et elle n'avait pu venir au culte parce qu'elle avait dû gaver ses petits jeunes de canari. Elle dut désormais affublée du surnom de "Madame Canari"

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01/03/2006

La mouche dans le café

Il y a près de 50 ans un pasteur avait été présider un service funèbre dans les Cévennes. A quelque temps de là, il alla rendre visite à la veuve. Celle-ci lui offrit de lui servir une tasse de café, ce qu'accepta volontiers le pasteur en question. Au moment de boire, il s'aperçut que la tasse comportait au moins une mouche en supplément du breuvage. Que fîtes-vous ? lui demanda un collègue à qui il racontait cette histoire. J'ai bu vu la réponse laconique du brave serviteur de Dieu

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28/02/2006

L'enterrement de la nonna

J'avais des paroissiens dont l'épouse était d'origine italienne. La mère de cette dame vint à mourir et le service funèbre eut donc lieu à l'église catholique du village. Le prêtre de service chargea mon paroissien de faire la prédication. De plus il s'excusa de ne pouvoir accompagner la dépouille mortelle jusqu'au cimetière. La responsable des pompes funèbres, un peu embêtée par cette défection de dernière minute et qui me connaissait ainsi que la famille, vint me demander de faire le service sur le cimetière...ce que je fis à la grande satisfaction de toute la famille. C'est ce qui s'appelle de l'oecuménisme pratique

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27/02/2006

Un pénitent inattendu

Je devais avoir 17 ou 18 ans quand j'ai assisté à une réunion assez inhabituelle. Le pasteur venait de commencer sa prédication lors d'une réunion du soir. Tout à coup, la porte du temple s'ouvrit avec fracas et nous vîmes entrer un homme que tout le monde connaissait bien. La plupart du temps il était ivre. Et nous les jeunes nous nous regardâmes, étant persuadés que nous allions assister à une soirée mémorable. De fait, notre homme s'avança jusque devant la chaire et se jeta à genoux devant le pasteur. Il se mit à pleurer à  chaudes larmes, tout en criant en wallon : "Maman, je ne le ferai plus". L'assistance était hilare. Et nos fou-rires redoublait, car le pasteur (de nationalité anglaise) restait imperturbable, très british, en continuant son sermon comme si rien de particulier ne se passait... Je ne sais plus très comment la réunion se termina et encore moins quel était le sujet de la prédication

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26/02/2006

et la suite

Nos compères sont revenus quelques jours plus tard. L'un d'entre eux était ivre. Le même interlocuteur me demanda de reconduire le phénomène chez lui ; mais sur un tel ton, que je refusai tout net. Je veux bien rendre service ; mais là, je me rendais compte que si j'acceptais, j'allais mettre un doigt dans un engrenage dont je pourrais difficilement me défaire. Pour essayer de me convaincre, il me dit : "Si tu ne le reconduis pas, il va aller voler une voiture pour retourner chez lui".  - tout ce qu'on veut, mais pas le chantage - Alors j'ai répondu : Non, Non, Non et Non. Ils partirent précipitemment en me criant : "pasteur de mes c..."

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25/02/2006

Ce n'était pas la bande à Bonnot

Nous venions d'arriver dans un village et comme j'avais encore à l'époque tous mes enfants à la maison, les jeunes gens du village s'agglutinaient volontiers chez nous. Un petit noireaud avait particulièrement attiré mon attention. Le regard franc : noir comme pouvait l'être celui d'un bel hidalgo, car il avait des origines espagnoles certaines. Je sentis tout de suite une certaine sympathie pour ce bel adolescent. Et avec le recul du temps, je pense que la sympathie était réciproque. Mais avec ce côté inattendu d'un adolescent qui veut s'affirmer et qui à résolu de m'en faire voir de toutes les couleurs. Un jour particulièrement, il arriva à la maison et me mit à rude épreuve. Il était accompagné de deux autres amis, dont l'un prétendait être dans un home où il devait rentrer avant 22 h. Ils me supplièrent de le reconduire. Mon fils aîné décida de m'accompagner. Comme je venais d'arriver dans le village, je ne connaissais encore rien des alentours. Ils me firent ballader dans tous les villages des environs. A un certain moment, j'eus des doutes et je me fâchai en leur intimant l'ordre de m'indiquer le bon chemin et le plus court, menaçant de les lâcher en pleine nature. Dans les cinq minutes qui suivirent, celui qui devait rentrer dans un "home" se fit déposer...devant la maison paternelle. Moins d'un quart d'heure suffit pour me débarasser  du reste de la cargaison

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