30/01/2006

La japonaise

Récemment, je recevais la remarque suivante de la part d'un femme agent de police : "Vous vous prenez pour le bon Samaritain."

Ce n'est pas nouveau cette manie que j'ai d'héberger. Il y a trente cinq, quand j'ai débuté mon ministère, ça commençait déja. Un dimanche après-midi, je reçu un coup de fil provenant de Rotterdam, une japonaise était au bout du fil et me demandait, dans la langue du docteur Zamenhof, si je pouvais lui trouver un hôtel. Elle avait trouvé mes coordonnées dans un annuaire d'Esperanto, où j'étais à la rubrique pasteur. Il faut dire que dans cette langue pasteur se dit "pastoro" tandis que prêtre catholique se dit "pastro", une seule lettre les distingue. Je proposai à cette dame de l'héberger chez nous. Je lui fixai rendez-vous à la gare pour quelques heures plus tard. Quand il me vit, elle se mit à rire à gorge déployée en me disant : "vous n'avez pas mis votre robe" (il était encore très courant à l'époque de voir les prêtres catholiques circuler en soutane, tout au moins ceux d'un certain âge). Je lui expliquai sa méprise, en lui disant, je suis pasteur - et je ne sais pourquoi, j'ajoutai tout de suite : "je suis marié". Lorsque nous arrivâmes à la maison, elle ignora superbement mon épouse et fit tout de suite le tour de l'appartement. Lorsqu'elle arriva dans notre chambre, elle arracha littéralement draps et couvertures, notre lit était encore fait à l'ancienne, je ne possédais pas encore d'édredon. Pendant que nous prenions une collation, profitant que ma femme ne comprenait pas un traître mot de ce qu'elle racontait, elle m'intérrogea sur le comportement sexuel des belges. Comprenant plus ou moins (je sais je ne suis pas très fut-fut) où elle voulait en venir, je lui répondis pour couper court que le comportement des gens ne dépend pas de leur nationalité, mais de leur tempérament. Et j'ajoutai : "en ce qui me concerne, une femme me suffit."

Vers minuit, elle manifesta le désir de prendre une douche. Je lui expliquai le fonctionnement de l'équipement assez primitif dont nous disposions à l'époque. Et je n'eu que le temps d'empoigner ma femme par les épaules. Elle commençait déjà à se déshabiller, sans vergogne, devant nous

08:05 Écrit par JM Geron | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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